Poems (Eliot, 1926)/Lune de Miel
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LUNE DE MIEL
Ils ont vu les Pays-Bas, ils rentrent à Terre Haute;Mais une nuit d'été, les voici à Ravenne,A l'aise entre deux draps, chez deux centaines de punaises;La sueur aestivale, et une forte odeur de chienne.Ils restent sur le dos écartant les genouxDe quatre jambes molles tout gonflées de morsures.On reléve le drap pour mieux égratigner.Moins d'une lieve d'ici est Saint ApollinaireEn Classe, basilique connue des amateursDe chapitaux d'acanthe que tournoie le vent.
Ils vont prendre le train de huit heuresProlonger leurs miséres de Padoue à MilanOu se trouvent le Cène, et un restaurant pas cher.Lui pense aux pourboires, et rédige son bilan.Ils auront vu la Suisse et traversé la France.Et Saint Apollinaire, raide et ascétique,Vieille usine désaffectée de Dieu, tient encoreDans ses pierres écroulantes la forme précise de Byzance.